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Les plantes d’intérieur au service d’une slow life

L’attente a laissé place à l’impatience qui a, elle, évincé le plaisir du moment présent. Le temps file, les minutes défilent et l’on observe autour de soi une accélération dont on ne parvient pas à freiner l’ardeur. C’est étrange ce qui se passe pour soi dans ces moments-là. Un peu comme si nous traversions le moment présent en anticipant toujours ce qui va venir après.

Cette accélération du temps a des conséquences sur tous ceux qui la subissent. En étant des chefs d’entreprise ou des salariés débordés, des parents qui courent ou des amoureux qui cherchent de l’espace pour plus de temps à deux, nous nous désolidarisons de l’essentiel : nous-mêmes et notre capacité à être en lien avec notre environnement. 

Prendre son temps est aujourd’hui devenu un acte de résistance. 

Dans cet article je vais vous parler des plantes d’intérieur et de leur incroyable capacité à interroger notre rapport au temps. Elles sont une source inépuisable de sagesse et à travers la relation subtile qu’elles entretiennent avec nous, sont des guides silencieuses sur la route qui mène à une Slow Life.

Le rythme des plantes : une véritable éloge de la lenteur

Par son apparente immobilité, le monde végétal peut sembler au premier coup d’œil comme figé, dénué de toute rythmicité. Et pourtant… Laissez-moi vous ouvrir les portes d’un monde qui a transformé mon rapport au temps : celui des plantes d’intérieur. 

L'horloge biologique des plantes, un rappel à la déconnexion.

Les plantes ont, comme nous, une horloge interne qui leur permet de se ressourcer, de se protéger et d’adapter leur rythme à celui du jour et de la nuit. Observer et comprendre ce rythme m’a permis d’interroger mon propre rapport au temps et à la déconnexion. 

L’Oxalis Triangularis et le Mimosa Pudica sont deux magnifiques plantes qui laissent entrevoir leur rythme à qui prend le temps de les observer.

Si vous en avez chez vous, vous remarquerez qu’elles referment leurs feuilles tous les soirs et se préparent ainsi à une douce nuit apaisante. Ce phénomène m’émeut à chaque fois. Je les observe plein de verve durant la journée et le soir je les vois doucement refermer leurs feuilles. Elles se préparent à leur nuit de sommeil à elles…

Cette capacité qu’ont certaines plantes à fermer leurs pétales la nuit porte le nom très scientifique de nyctinastie. Elles font cela pour se protéger du froid, de l’humidité, du gel, …
Ensuite, le matin arrivant, les feuilles s’ouvrent et la plante se redresse. Elle se prépare ainsi à capter un maximum d’énergie lumineuse du soleil.

S’arrêter pour observer ce rythme procure une sensation étrange. 

En les regardant s’ouvrir le matin, je ressens une incroyable énergie de vie. La journée démarre, elles sont là, dressées, comme énergisées et prêtes à vivre la journée à venir. C’est un spectacle magnifique et très inspirant. 
À l’inverse, lorsque la nuit tombe et que je les vois se refermer, j’ai la sensation que le temps ralentit un peu sa frénétique course. Elles me rappellent, au jour qui tombe, au besoin de se ressourcer et de calmer le rythme. Elles m’invitent à ralentir… à me déconnecter.

Ce phénomène a été observé par deux scientifiques, Jean-Jacques Dortous de Mairan (dit Dortous) et Augustin Pyrame de Candolle (dit Augustin). Ils ont voulu, l’un comme l’autre, comprendre comment elles parvenaient à adapter leur rythme à celui du jour et de la nuit. Nous sommes respectivement au 16ème siècle et 17ème siècle.

Dortous installa une Mimosa Pudica dans une pièce sans aucune lumière, donc complètement déconnectée de la notion de jour et de nuit. Malgré cela elle parvenait à préserver son rythme. Elle se mettait au repos à la nuit tombée et le jour venant ouvrait ses feuilles. Les expériences de Dortous ont été les premières qui révélaient que la plante possédait un rythme propre qui n’était pas directement activé par les rayons du soleil. La Mimosa Pudica était capable de savoir s’il faisait jour sans même voir le soleil !

Augustin, fasciné par ces premiers résultats, a décidé d’aller un pas plus loin. Il a cherché à savoir s’il était possible d’inverser le cycle d’ouverture et de fermeture des feuilles du Mimosa Pudica. Il l’a donc installé dans une pièce où il simula le jour durant la nuit et inversement. C’était un des premiers modèles de chambre de culture indoor !

Au commencement, le Mimosa a perdu tous ses repères. Il a commencé à s’ouvrir et se refermer, et cela de manière hirsute. Mais au bout de quelques jours, la plante a retrouvé son rythme. Elle ouvrait ses feuilles durant le jour simulé et les refermait durant la fausse nuit.
Augustin a ainsi mis en avant la capacité d’adaptation à un nouvel environnement de la plante.

Si je vous raconte tout cela, c’est parce que le simple fait de les observer ainsi rythmer le jour et la nuit n’est pas sans impact sur celui qui prend le temps de regarder. Les voir, jour après jour, s’adapter tout en respectant invariablement leur besoin de repos est un privilège enrichissant. 

Oui, soyons dans la vie au lever du jour, pleins d’une énergie créatrice forte et n’oublions pas, le soir venant, de prendre le temps de ralentir notre rythme pour nous ressourcer, nous déconnecter et préserver ainsi notre capacité à faire.

Le rythme de croissance des plantes d'intérieur, une éloge de la lenteur.

Nous sommes habitués au “toujours plus” et “toujours plus vite”. Notre impatience prend souvent le dessus quand il s’agit d’obtenir quelque chose et nous sommes souvent tentés par une livraison Amazon prime en 1 jour ouvré plutôt qu’une commande sur le site des librairies indépendantes qui met du temps à nous parvenir… 

Les plantes font de la résistance silencieuse face à notre désir d’accélérer, d’allonger ou de maîtriser le temps. Elles nous prodiguent de magnifiques et subtils conseils. Sans mots, sans règles et sans violence ! Elles sont totalement indifférentes à nos desiderata et s’attachent à toujours garder le rythme qui leur correspond. Un bon exemple de ce phénomène est le bouturage…

Avez-vous déjà réalisé une bouture ? La bouture est l’art de créer une nouvelle plante à partir de la plante mère. En d’autres termes, si vous avez une plante que vous aimez et voulez reproduire pour en offrir autour de vous, vous allez devoir vous lancer dans le bouturage ! 
Mais pas d’inquiétude si c’est quelque chose qui vous intimide, je vais bientôt écrire un article sur le sujet pour vous guider pas à pas dans cet art. 

Mais revenons à nos moutons… Bouturer une plante va bien au-delà de la simple reproduction de sa plante mère. Cela revient à lâcher prise et s’abandonner au plaisir d’un rythme et un rapport au temps que nous ne maîtrisons pas et sur lequel nous ne pouvons agir. C’est l’antithèse de la livraison en 1 jour ouvré ! 

C’est la plante qui, à son rythme, créera ses racines et choisira quand elle vous offrira sa première feuille puis sa seconde… C’est magique et un peu privilégié de la voir naître et grandir ainsi. Mais croyez-moi, vous allez goûter à la frustration du temps long…
Il suffit de demander autour de vous si quelqu’un veut bien vous parler du bouturage d’une plante grasse pour saisir le principe de temps long ! 

Pour ma part, j’ai récemment bouturé un Bégonia Brevirimosa. Il s’agit d’un bégonia rare que j’aime tout particulièrement pour ses feuilles si profondément roses. Je vous prépare en ce moment des boutures que vous retrouverez bientôt dans mon magasin éphémère !

J’ai commencé par prélever une partie de ma plante mère que j’ai ensuite replantée espérant ainsi voir grandir un nouveau bégonia. 
Quelque temps plus tard, je remarque que la feuille a noirci. Elle semble pourrir doucement. Les jours passants, je vois la feuille qui est tout simplement entrain de mourir. Je l’observe ainsi, sans pouvoir rien faire, mais refuse de me résigner à croire qu’elle est morte. 
Je ne saurais vous dire pourquoi. Sans doute voulais-je juste croire que c’était encore possible. Du coup je l’ai laissé ainsi, il n’y avait plus que la tige. La feuille était belle et bien morte. 
Une semaine plus tard, je la regarde (elle est sur le bord de ma fenêtre au-dessus de l’évier de la cuisine…) et découvre, complètement émerveillée, le début d’une feuille émergente. La nouvelle plante est là. Très fragile, mais elle est là !

Tout cela a pris plus d’un mois… La simple naissance de cette première toute petite feuille a pris un mois et m’a demandé une grande gestion de mes émotions !

Le temps des plantes est bien différent de celui dans lequel se sont engagés les Hommes. Il rétablit en nous l’équilibre. 

Les plantes nous proposent une expérience de réenchantement et nous invitent à nous éveiller à la beauté et à la valeur des choses qui nous entourent.

Elles nous invitent à accorder notre rythme au leur pour les observer se transformer et apprendre à les comprendre.

Elles font, jour après jour, l’éloge de la lenteur.

Créer son premier rituel végétal “slow life”

Je vais maintenant vous proposer une expérience que vous pouvez très facilement réaliser vous-même. 

C’est quelque chose que vous pouvez faire avec vos enfants et qui vous servira à la maison ou même au travail ! 
Il s’agit d’un rituel végétal qui, tous les jours, vous invitera à faire une pause en vous reconnectant à cette incroyable capacité d’émerveillement que nous offre la nature !

Je vous invite à créer un bol de mousse…

En fait il suffit de prendre un moment pour aller vous promener quelques part où la nature est encore préservée. Jardin, forêt, campagne…
Durant votre balade vous aller rechercher de la mousse. Privilégiez pour commencer une mousse qui pousse en terre et non sur les rochers ou les arbres. Tout simplement parce qu’il est plus difficile de prélever ces dernières sans les abîmer ! N’oubliez pas de partir avec une pelle à tarte ou un objet de ce type pour pouvoir prélever un carré de mousse assez grand.

Une fois la mousse qui vous plaît repérée, découpez un carré d’environ 10 cm de côté en n’oubliant pas de prendre environ 3 cm d’épaisseur de terre avec !

Mettez cette mousse dans un sac de congélation et essayez de la maintenir à plat pour qu’elle ne se disloque pas.

Une fois à la maison, choisissez une coupelle, pot à confiture, assiette creuse ou tout autre objet aux dimensions qui correspondent à votre carré de mousse et à l’esthétique inspirante.

Remplissez de terre (idéalement de la terre de bruyère ou de la tourbe que vous pouvez acheter en jardinerie), mais pour éviter cette dépense, de la terre du jardin ou celle du lieu où vous avez pris la mousse feront très bien l’affaire ! 

Déposez votre carré de mousse sur le dessus et tassez bien pour vous assurer qu’il adhère bien à la terre !

Pour finir vaporisez bien !!!

Et après…

Les 15 premiers jours il vous faudra vaporiser 2 fois par jour. Une fois la matin et une fois le soir. Cela permettra à votre mousse de bien s’adapter à son nouvel environnement. Une mousse à besoin d’humidité…
Déposez-là dans un endroit où il n’y a pas trop de lumière directe. Même un endroit à l’ombre fait l’affaire ! 

Passés les 15 premiers jours, vaporisez une fois par jour… Pour cela vous pouvez utiliser n’importe quel vaporisateur que vous remplissez avec de l’eau du robinet. Sachant que la mousse n’aime pas le calcaire, l’idéal est une eau filtrée ou l’eau de pluie mais si ce n’est pas possible il ne faut pas s’arrêter pour ça ! Vous pouvez aussi utiliser les sprays d’eau “spécial visage” que l’on trouve au supermarché ou en pharmacie. Ils dureront longtemps….

Vous voilà donc maintenant avec un peu de nature chez vous. Vous allez pouvoir mettre ce bol de mousse dans un endroit où vous aurez tout le loisir de l’observer, passer les mains sur sa texture étonnante et regarder la mousse pousser doucement. Oui, la mousse pousse tout doucement…

J’ai moi-même réalisé ce rituel avec ma fille de 7 ans. Le sien est posé sur son bureau à la maison et le mien sur le meuble à l’entrée de chez moi. Il nous accueille tous les jours !

Si vous réalisez votre bol, je serais vraiment très heureuse d’avoir des photos ou que vous me racontiez si tout se passe bien en m’envoyant un email à sabine.harel @ sa-cha.fr (les espaces sont mis pour éviter les faux emails des robots, enlevez-les avant de m’écrire !)

Et si vous avez des questions n’hésitez pas à les poser en commentaire. Je me ferai une joie d’y répondre. Je ne veux pas que vous soyez bloqué parce que j’ai mal expliqué comment faire !

Conclusion !

Les plantes sont des guides silencieuses que je vous invite à suivre. Elles nous rappellent à l’essentiel, sans moral et sans jugement. 

Il est important de se déconnecter et faire une pause lorsque la fin de la journée se présente. Ce temps est essentiel pour nous permettre de recharger nos batteries. Mais pas uniquement. Nous savons aujourd’hui qu’il est un élément essentiel à notre équilibre. Il permet à notre créativité de se régénérer, à notre volonté de se renouveler et à notre corps comme à notre esprit de se reposer.

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Vous voulez transformer votre lieu de vie en un cocon végétal où le temps cesse sa frénétique course pour se poser à vos côtés. Mon travail est de vous aider à y parvenir en créant un paysage intérieur au service de votre slow life.

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